L'amortissement / Les assurances vie

Auteur : dl

En période de taux bas, doit-on amortir plus ?

L’amortissement d’un emprunt est la partie du capital qui est remboursée à chaque échéance périodique, par exemple trimestrielle. Les débiteurs de créances hypothécaires doivent réduire leurs engagements jusqu’au 2/3 de la valeur du bien immobilier. Mais dans l’absolu, est-ce une bonne idée d’amortir?

En période de taux bas la réponse est oui, car si la facture des intérêts est légère, il est alors possible d’amortir une part plus significative de son prêt afin que l’engagement financier diminue plus rapidement. Cette affirmation est d’autant plus valable dans la situation d’amortissement in-fine, appelé aussi indirect. Le mécanisme consistant à provisionner de l’épargne sur des contrats de prévoyance de type troisième pilier lié ou libre, permet de disposer de sommes substantielles, souvent garanties, pour réduire le prêt soit à une échéance de taux, soit à l’âge de la retraite.

En fait, le principe de l’amortissement prend tout son sens, car en provisionnant plus d’épargne au fil du temps, l’amortissement partiel de la dette n’en sera que plus conséquent et évitera ainsi en cas de taux plus élevés à l’échéance d’avoir soudainement une charge d’intérêts plus importante. On rejoint ici une autre définition du verbe amortir: réduire les chocs. 

Un autre argument en faveur de l’amortissement est conditionné par le manque manifeste de rentabilité des valeurs mobilières depuis plusieurs années. Détenir aujourd’hui un compte épargne qui ne rapporte presque rien en terme de revenus n’est pas judicieux ; il devrait être converti soit en investissement direct dans son actif immobilier, soit si la situation le permet, de manière plus judicieuse dans des rachats de caisse de pension qui serviront à amortir son prêt in-fine en augmentant la couverture de prévoyance. Le choix d’une telle option a un quadruple avantage : à la fois la charge soutenable d’intérêts passifs est déductible fiscalement dans les limites admises mais elle permet aussi de profiter du rendement des avoirs de prévoyance, certes en baisse, mais proche des taux d’intérêts hypothécaires, elle autorise de larges déductions fiscales pendant les années de provision et améliore dans la majorité des cas les rentes de retraites, d’invalidité, de veuve ou veuf ainsi que d’orphelins. 

L’amortissement  est une affaire d’équilibre entre le coût immédiat de la créance en fonction des taux et son coût futur. La probabilité mathématique que les taux soient plus élevés dans le futur est plus importante que l’inverse. Il va alors de soi que si le débiteur d’une créance hypothécaire a les moyens d’amortir de manière substantielle, il a intérêt de choisir l’option de réduire cette dette à son terme par le biais de contrats de prévoyance troisième pilier ou LPP dont l’échéance se situera généralement à son âge de réduction ou cessation d’activité professionnelle. 

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